Les jeux vidéos au secours de l’échec scolaire

Posté par damien, le Lundi 14 décembre 2009
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A l’inverse des idées reçues, les jeux vidéos peuvent, dans un cadre scolaire précis, aider les enfants en difficulté à reprendre confiance en eux, à s’organiser dans leur travail et à progresser. Florian Grenier, professeur titulaire de SVT et interlocuteur TIC* à l’académie de Grenoble, a mené l’expérience à Privas en Ardèche dans le cadre de l’étude européenne Euroschoolnet.

*(Technologie de l’Information et de la Communication)

Comment s’est déroulée cette expérimentation?
L’étude d’Euroschoolnet sur les jeux vidéos à l’école s’est déroulée dans huit pays européens sur des thématiques différentes. En France, j’ai mené l’expérience pendant huit semaines avec six enfants de 6e qui avaient des problèmes de dyslexie lourde, de phobie scolaire ou de méthode. J’ai choisi des jeux adaptés : des « jeux sérieux » comme Big Brain Academy, My Word Coach, ou Text Express et un jeu plus ludique comme Farm frenzy qui consiste à gérer une ferme. Tous ont une « gestion douce » de l’échec : les niveaux sont très progressifs et la réussite est toujours au rendez-vous.

Quelles sont les principales compétences acquises grâce à ces jeux?
La communication professeur/élèves ou même entre élèves s’est considérablement améliorée, ce qui a permis d’identifier les difficultés qu’avaient certains à comprendre les consignes du professeur. Les enfants ont aussi gagné en capacité d’organisation. Avant ils étaient parfois bloqués devant un exercice ne sachant pas par quoi commencer. Les jeux vidéos leur ont appris à diviser les tâches en micro tâches et à se projeter dans le temps. Enfin, ils leur ont permis d’évaluer eux-même leurs compétences. La critique était moins perçue de manière négative. Concrètement, leur moyenne générale a progressé et ils se prêtent plus volontiers aux exercices.

Dans quel « cadre pédagogique » travaillent les enfants?
Le programme a eu lieu dans l’établissement mais en dehors des heures de classe. Un enfant ne joue pas seul mais en équipe : il réalise ainsi qu’il peut avoir des idées et faire avancer les autres. C’est l’enseignant qui reste maître du temps. La séance finit par un débriefing oral ou écrit, incontournable pour décompresser mais surtout pour s’évaluer. Chacun présente sa performance « j’ai fait cela », l’idée d’avoir accompli quelque chose est déjà très important. Ensuite l’enfant se situe « est ce que j’ai fait aussi bien ?», puis « comment puis-je faire aussi bien que lui? ». Là les conseils fusent entre eux, d’abord très précis, puis d’ordre général sur la stratégie. Alors qu’ils avaient des difficultés à communiquer et qu’ils considéraient l’échec comme une défaillance, ils se rendent compte que l’échec peut être une expérience constructive « je ne ferais pas la même chose la prochaine fois ».

Faut-il généraliser ce genre d’expérience?
J’en suis convaincu. Le jeu vidéo comme d’autres jeux ou films ont leur place à l’école. En France, nous sommes encore dans une phase de réflexion, mais ce n’est pas du luxe : on ne peut pas apporter n’importe quel jeu en classe! Certains jeux ne proposent qu’une seule stratégie pour gagner autrement dit il n’y a qu’un seul bon comportement. Or, à mon avis, l’école a pour but d’épanouir l’enfant, pas de les formater. Enfin et surtout, l’école doit rester proche de leur quotidien, c’est essentiel!

Propos recueillis par Léa Vilmer

Cet article est extrait du livret « abonnés » du Toboclic de Janvier 2010.

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